T’as déjà croisé son regard dans un parc ou sur une photo et t’as eu ce petit choc ? Je sais ce que c’est. Le Braque de Weimar, c’est pas juste un chien, c’est une présence. Avec sa robe couleur métal et ses yeux qui semblent lire dans ton âme, il ne laisse personne indifférent. Mais attention, avant de te lancer dans l’aventure, faut qu’on discute sérieusement. Parce que le Weimar, c’est autant de bonheur que de défis. C’est un athlète de haut niveau doublé d’un hypersensible. Prêt ? On décortique tout.
L’Histoire : Un aristocrate qui n’a pas peur de se salir
Si tu veux comprendre pourquoi ton futur chien se comporte comme un petit chef à la maison, faut regarder d’où il vient. On n’est pas sur une race créée hier pour faire joli sur un canapé.
Les origines à la cour de Saxe-Weimar
On remonte au début du 19ème siècle, en Allemagne. Le Grand-Duc Charles-Auguste cherchait le chien ultime. Il voulait un animal capable de traquer le loup, le cerf, et même l’ours, mais qui soit aussi un compagnon de vie incroyable. Le Weimar est né de ce besoin de polyvalence. On raconte qu’il y a du sang de Chien de Saint-Hubert (pour le flair) et sûrement d’autres braques allemands dans ses gènes.
Le truc unique ? Pendant longtemps, la race était jalousement gardée par la noblesse. Tu ne pouvais pas en avoir un comme ça. Il fallait faire partie du « Club » et prouver que t’allais l’utiliser pour le travail. C’est ce côté « élitiste » qui a préservé ses capacités de travail exceptionnelles.
Le passage de la grosse chasse à la polyvalence
Quand le gros gibier a commencé à se faire rare, le Weimar a dû s’adapter. Il est devenu un chien d’arrêt hors pair pour la plume (perdrix, faisans). C’est là qu’on a vu sa plasticité mentale : il sait passer du mode « gros bras » au mode « précision extrême ». Aujourd’hui, même s’il ne chasse plus chez toi, cet héritage reste gravé dans ses neurones. S’il voit un écureuil, crois-moi, son instinct de 1810 va ressortir direct.
Le Standard : Pourquoi il est si « magnétique » ?
On va pas se mentir, le look, c’est souvent ce qui attire en premier. Mais chez le Braque de Weimar, chaque détail physique a une utilité. Rien n’est là par hasard.
Cette robe grise unique
C’est sa marque de fabrique. On appelle ça le « gris souris », « gris argenté » ou « gris chevreuil ». C’est une couleur récessive, assez rare dans le monde canin, qui lui donne cet aspect presque métallique sous le soleil.
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Le poil court : C’est le plus fréquent. Dense, très serré, il est quasiment imperméable.
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Le poil long : Plus rare, il donne un côté un peu plus « doux » et romantique au chien, avec des franges sur les oreilles et la queue. Mais attention, ça demande deux fois plus d’entretien après une balade en forêt !
Un corps bâti pour l’endurance
Le Weimar, c’est pas un sprinter de 100 mètres, c’est un marathonien. Son dos est droit, puissant, ses membres sont musclés sans être lourds. Quand il galope, on a l’impression qu’il survole le sol. C’est cette élégance qui trompe beaucoup de gens : ils voient la grâce, mais ils oublient la puissance de traction qu’il y a derrière.
Le regard : Le miroir de ses émotions
C’est ce qui rend les gens accros. Les chiots naissent avec des yeux bleus ciel, presque électriques. Puis, vers 6 ou 8 mois, ça vire à l’ambre ou au noisette. Ses oreilles sont larges et longues, plantées haut. Quand il est attentif, son front se plisse et il te regarde avec une intensité… t’as l’impression qu’il attend que tu lui donnes une mission capitale.
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Le Caractère : Le paradoxe du « dur au cœur tendre »
C’est là que ça devient intéressant (et parfois compliqué). Le tempérament du Braque de Weimar est un mélange explosif de confiance en soi et de dépendance affective.
Le syndrome du « Pot de Colle » (Velcro Dog)
C’est sans doute le trait le plus marquant. Le Weimar déteste la solitude. Mais genre, vraiment. Il ne veut pas juste être dans la même pièce que toi, il veut être sur toi ou au moins que son flanc touche ta jambe. C’est un chien qui vit pour son maître. Si tu cherches un chien indépendant qui fait sa vie dans le jardin, oublie tout de suite. Le Weimar sans humain, c’est un chien qui dépérit ou qui détruit tout par anxiété.
Un gardien né
Contrairement à beaucoup d’autres chiens d’arrêt (comme le Setter ou le Pointer qui feraient la fête à un cambrioleur), le Weimar a un instinct de protection très marqué. Il est méfiant avec les inconnus. Il ne va pas mordre sans raison, mais il va te prévenir et se placer entre toi et le « danger ». C’est un trait qu’il faut gérer tôt pour éviter qu’il ne devienne surprotecteur.
L’intelligence : Sa plus grande qualité et son pire défaut
Il comprend tout, et très vite. Le problème ? S’il comprend que tu n’es pas cohérent, il va commencer à décider à ta place. On dit souvent du Weimar qu’il est « têtu ». En fait, il n’est pas têtu, il est juste trop malin pour obéir à un ordre qui n’a pas de sens pour lui ou qui est donné sans conviction.
L’Éducation : Comment ne pas se laisser déborder ?
Si t’as déjà eu un Golden Retriever, oublie tout ce que t’as appris. Le Braque de Weimar, c’est un autre univers. On n’est pas sur du « je fais plaisir pour une caresse », on est sur une négociation permanente. C’est un chien qui a besoin d’un leader, mais d’un leader juste.
La hiérarchie (sans les vieux clichés)
Attention, quand je dis « leader », je parle pas de lui crier dessus ou de faire le mâle alpha. Ça, ça marche pas avec lui, il va juste se fermer et te mépriser. Ce qu’il lui faut, c’est de la cohérence. Si le canapé est interdit le lundi, il doit l’être le dimanche aussi, même si c’est Noël. S’il sent une faille dans ton autorité, il va s’y engouffrer. Il a besoin d’un cadre hyper clair pour se sentir en sécurité.
La socialisation : Un job à plein temps
Le Weimar peut être méfiant. Si tu veux pas qu’il aboie sur chaque vélo ou qu’il grogne sur le facteur, tu dois le sortir. Mais genre, partout. Les marchés, les gares, la sortie des écoles… Il doit comprendre que le monde n’est pas une menace. Le petit secret : emmène-le dans des endroits bruyants le plus tôt possible. Plus il verra de trucs bizarres chiot, plus il sera un adulte zen.
Le rappel : Ton plus gros défi
On va pas se mentir, c’est un chien de chasse. Si un chevreuil déboule devant lui, ses 150 ans d’instinct vont prendre le dessus sur tes cours de dressage. Travailler le rappel, c’est pas une option, c’est une priorité absolue. Mon conseil de terrain : utilise un sifflet ultra-son. C’est plus neutre que ta voix (qui stresse quand le chien se barre) et ça porte bien plus loin en forêt.
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Le besoin d’exercice : Un athlète qui ne dort jamais (ou presque)
C’est là que beaucoup de propriétaires craquent. Le Braque de Weimar n’est pas un chien de canapé, c’est une pile électrique haute tension. Si tu penses que 15 minutes de marche le matin et le soir suffisent, tu cours à la catastrophe.
Le physique ne suffit pas
Oui, il a besoin de courir. Oui, il a besoin de grands espaces. Mais ce qui le fatigue vraiment, c’est de réfléchir. Un Weimar qui a couru 10 km mais qui n’a pas utilisé son nez sera toujours agité.
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Le pistage : Cache des friandises ou des jouets dans ton jardin. Fais-le bosser de la truffe. 10 minutes de recherche, ça fatigue autant qu’une heure de footing.
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Les sports canins : Le Canicross, l’Agility ou le Flyball sont parfaits pour lui. Ça renforce votre lien et ça vide ses batteries.
Le repos, ça s’apprend
C’est paradoxal, mais un chien aussi actif doit apprendre à ne rien faire. Si tu l’excites toute la journée, tu vas juste en faire un athlète hyperactif. Apprends-lui la « place » ou le calme à la maison. Un Weimar qui sait se poser, c’est un bonheur, mais ça demande du boulot.
La cohabitation : Enfants, chats et autres colocataires
On me demande souvent : « C’est bon avec les gosses ? » La réponse est : oui, mais sous surveillance (comme pour tous les grands chiens).
Le Weimar et les enfants
Il est d’une patience d’ange avec « ses » petits humains. Il est protecteur et adore jouer. Par contre, il est brute. Un coup de queue ou une bousculade et le petit dernier finit par terre. Il faut apprendre aux enfants à respecter son repos, et au chien à faire attention à son gabarit. C’est un super compagnon de jeu, mais il a pas toujours conscience qu’il pèse 35 kilos de muscles.
Et avec les chats ?
Là, c’est plus délicat. Son instinct de prédation est fort. S’il a grandi avec un chat depuis qu’il est tout petit, ça se passera super bien (le chat fera sûrement la loi d’ailleurs). Mais introduire un chat adulte avec un Weimar adulte qui n’en a jamais vu… Bonne chance. Le Weimar risque de voir le chat comme un gibier à poursuivre.
L’Alimentation : Bien nourrir la bête
Nourrir un Braque de Weimar, c’est pas juste remplir une gamelle de croquettes industrielles. C’est un chien de sport, il lui faut du carburant de qualité.
Croquettes, ration ménagère ou BARF ?
Chaque camp a ses fans. Les croquettes, c’est pratique, mais il faut taper dans le haut de gamme (sans céréales de préférence). Le BARF (viande crue), c’est top pour son pelage et ses dents, mais ça demande une organisation de dingue et un sacré budget congélateur. Ce qu’il faut retenir : Peu importe la méthode, surveille son poids. Un Weimar en surpoids, c’est un crime pour ses articulations. Tu dois pouvoir deviner ses dernières côtes sans qu’elles ne soient saillantes.
Le danger numéro 1 : La torsion d’estomac
Je le répète parce que c’est vital. Le Weimar a une cage thoracique profonde. S’il s’excite ou court juste après avoir mangé, son estomac peut se retourner. C’est une urgence absolue, tu as environ une heure pour l’emmener chez le véto avant que ce soit fatal.
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La règle d’or : Deux repas par jour, au calme. Et on ne joue pas à la balle dans l’heure qui suit. Jamais.
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La Santé : Ce qu’il faut surveiller de près
Il est solide, le bougre, mais il n’est pas invincible. Voici les quelques points noirs de la race.
La dysplasie de la hanche
C’est le mal des grands chiens. C’est en partie génétique, donc ne prends jamais un chiot si les parents n’ont pas été radiographiés (score A ou B). Mais c’est aussi environnemental : évite les escaliers et les sauts de fou pendant sa croissance (jusqu’à 18 mois).
Les problèmes de peau et allergies
Le Weimar a la peau sensible. S’il se gratte tout le temps ou s’il perd ses poils par plaques, c’est souvent lié à son alimentation. Un changement de protéines peut parfois régler le souci en deux semaines.
Budget : Combien ça coûte vraiment de vivre avec un « Fantôme Gris » ?
On va pas se mentir, c’est un budget de ministre. Entre l’achat du chiot chez un bon éleveur (compte entre 1200 et 1800 €), les vaccins, le matos et surtout la bouffe…
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Alimentation : Compte environ 80 à 100 € par mois pour de la qualité.
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Frais vétos : Entre les rappels et les petits accidents (c’est un chien qui fonce dans les ronces), prévois une petite cagnotte de secours.
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L’assurance : Pour un Weimar, je te conseille de prendre une mutuelle. S’il lui arrive une tuile comme une torsion d’estomac, l’opération peut coûter 2000 €.
Le Braque de Weimar à poil long : Le cousin « hipster »
C’est la même race, le même caractère, mais avec une touche de romantisme en plus. Il est beaucoup plus rare.
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L’avantage : Il est souvent décrit comme un peu plus calme, un peu plus « posé » que son cousin à poil court.
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L’inconvénient : Le brossage. S’il va dans les bois, il ramène toute la forêt avec lui : chardons, brindilles, boue… C’est 30 minutes de brossage après chaque sortie.
Les étapes de la croissance : De la petite crevette au colosse
Si t’achètes un chiot, tu vas passer par des phases… intéressantes.
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De 2 à 4 mois : C’est la phase « mignonne mais épuisante ». Il découvre tout avec ses dents. Tes chaussures, tes meubles, tes mains. C’est le moment de poser les bases de la propreté.
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De 6 à 12 mois : Bienvenue dans l’adolescence. Ton chien qui obéissait super bien hier semble soudain avoir oublié son prénom. Il teste, il tire en laisse, il veut voir si t’es toujours le patron. Ne lâche rien, c’est là que tout se joue.
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De 12 à 24 mois : C’est la phase de « remplissage ». Il finit de grandir en hauteur et commence à s’élargir, à prendre du muscle. Son caractère se stabilise enfin.
Comparatif : Weimar vs Vizsla vs Braque Allemand
Souvent, les gens hésitent entre ces trois cousins. C’est vrai qu’ils se ressemblent, mais le tempérament n’a rien à voir.
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Le Vizsla (Braque Hongrois) : Souvent plus petit et encore plus « sensible » que le Weimar. C’est un chien-ombre puissance dix.
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Le Braque Allemand (GSP) : Généralement plus « focus » sur le travail pur. Il est souvent un peu moins protecteur et plus sociable avec les inconnus que notre Weimar.
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Le Weimar : C’est le plus « complexe » des trois. C’est celui qui a le plus fort instinct de garde et le caractère le plus affirmé. C’est le choix de ceux qui veulent un vrai protecteur en plus d’un chien de sport.
Les activités méconnues à tester avec lui
T’as déjà entendu parler du Mantrailing ? C’est de la recherche de personnes disparues. Le Weimar adore ça. Ça utilise son flair incroyable et son besoin de travailler en duo avec toi. Ou encore le Paddle (Cani-Paddle). Comme il est souvent fan d’eau, l’emmener sur une planche l’été, c’est une super activité de proprio-chien. Ça travaille son équilibre et sa concentration.
Le Braque de Weimar en appartement : Mythe ou réalité ?
C’est la question qui brûle les lèvres de tous les citadins. « Est-ce que je peux avoir un Weimar si j’ai pas un jardin de 2000 m² ? » Honnêtement ? Oui, mais c’est un job à plein temps. Le Weimar s’en fiche d’avoir un grand jardin s’il y reste seul toute la journée à regarder les mouches voler. Ce qu’il veut, c’est être avec toi. Un Weimar en appartement avec un maître qui l’emmène courir 2 heures par jour et qui travaille son mental sera mille fois plus équilibré qu’un chien avec un jardin immense qui ne sort jamais de sa clôture. Par contre, sois prévenu : le Weimar en appart, c’est un déménageur. Un coup de queue et ton vase préféré dégage. Prépare aussi un budget aspirateur de compétition, parce qu’entre les poils et la boue, ton salon va vite ressembler à une forêt allemande.
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Les 5 erreurs de débutant qui peuvent gâcher ta vie
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Croire que le jardin suffit : On l’a dit, le jardin c’est juste une « grande pièce » pour lui. Il lui faut de la stimulation extérieure.
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Lâcher le rappel trop vite : C’est un chien de chasse. Si un chevreuil déboule, tes cours de dressage s’envolent. Garde la longe tant que le rappel n’est pas 100% béton.
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Céder au chantage affectif : Il a un regard de « chien battu » imbattable. Si tu craques et que tu lui donnes ton bout de fromage une fois, t’es cuit pour les 15 prochaines années.
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Négliger le calme : Apprendre à un Weimar à ne rien faire est aussi important que de lui apprendre à courir. Sinon, tu vas créer un monstre d’hyperactivité.
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Vouloir en faire un chien de garde de chenil : S’il vit dehors, loin de sa « meute » (toi), il va devenir instable, voire dangereux.
Conclusion : Est-ce que t’es prêt pour un Weimar ?
Le Braque de Weimar, c’est pas un chien qu’on possède, c’est un chien avec qui on vit. Si tu veux un compagnon qui te suit au bout du monde, qui te protège, et qui t’oblige à devenir la meilleure version de toi-même (sportivement parlant), fonce. C’est un lien que tu ne trouveras nulle part ailleurs.
Mais si tu cherches juste un bel accessoire pour tes photos et que tu n’as pas le temps de l’éduquer ou de le dépenser… fais-lui une faveur, choisis une autre race. Il mérite quelqu’un qui sera aussi investi que lui

FAQ Braque de Weimar
Oui, le Braque de Weimar peut vivre en appartement à condition d’être dépensé physiquement et mentalement chaque jour. Ce chien « pot de colle » préfère vivre dans un espace réduit près de son maître plutôt que seul dans un grand jardin. Comptez au moins 1h30 de sorties actives quotidiennement.
Contrairement aux autres braques, le Braque de Weimar possède un instinct de protection inné. Très attaché à sa famille, il se montre méfiant envers les inconnus et prévient au moindre bruit suspect. C’est un excellent gardien qui protège son territoire avec détermination sans être naturellement agressif.
Un Braque de Weimar adulte nécessite environ 1h30 à 2h d’exercice quotidien. Pour le fatiguer réellement, alternez sport physique (course, canicross) et stimulation mentale (pistage, jeux de flair). Un manque d’activité peut entraîner des comportements destructeurs ou de l’anxiété de séparation chez cette race athlétique.





