Les épillets font partie de ces petits problèmes d’été auxquels on ne pense pas forcément avant d’y être confronté. Tu pars te promener avec ton chien, il traverse quelques herbes sèches, met son nez dans un fossé et revient parfaitement content de sa sortie. Rien de particulier, jusqu’au moment où il commence à secouer la tête beaucoup plus que d’habitude.
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Une fois, tu n’y prêtes pas vraiment attention. Puis il recommence, se gratte toujours la même oreille et finit par te regarder de travers lorsque tu essaies de la toucher.
Après une balade dans les hautes herbes, ce comportement mérite qu’on s’y attarde.
Les grands chiens aux oreilles tombantes sont particulièrement concernés, surtout lorsqu’ils passent beaucoup de temps en extérieur. Braques, Setters, Golden Retrievers et autres chiens de chasse ou de rapport ont souvent exactement le profil qui facilite la rencontre : des oreilles qui passent dans la végétation, un nez très actif et une certaine tendance à considérer les bordures de chemin comme beaucoup plus intéressantes que le chemin lui-même.
Un Braque allemand, par exemple, peut passer une bonne partie de sa promenade à explorer au ras du sol. Le problème n’est donc pas tellement sa taille que sa façon de se déplacer et de chercher.
Un épillet, ce n’est pas simplement un morceau d’herbe
À première vue, il ressemble pourtant à ça.
L’épillet est une partie sèche d’une graminée qui se détache lorsque la plante arrive à maturité. Tu en as probablement déjà retrouvé sur ton pantalon ou dans tes chaussettes après avoir marché dans un champ.
Ce qui le rend gênant pour le chien, c’est surtout sa structure. Les petites barbes qui entourent l’épillet facilitent sa progression dans une direction, alors qu’il ressort beaucoup moins facilement en sens inverse.
Tant qu’il reste accroché au pelage, rien de très inquiétant. Tu le vois, tu le retires et l’histoire s’arrête là.
Mais s’il glisse progressivement vers l’entrée d’une oreille, entre deux doigts, près d’un œil ou dans une narine, il peut commencer à pénétrer plus profondément.
C’est justement pour cette raison qu’il est conseillé de retirer rapidement les épillets encore visibles dans le pelage et de surveiller les zones où ils ont tendance à se loger.
Pourquoi les oreilles tombantes sont davantage exposées
Les grandes oreilles d’un Braque de Weimar ou d’un Setter descendent naturellement le long de la tête. Lorsqu’un chien marche tranquillement sur un trottoir, ce n’est évidemment pas un problème. Lorsqu’il traverse une prairie sèche avec la truffe au sol, ses oreilles passent en revanche directement dans les graminées.
Un épillet peut alors s’accrocher au pavillon, rester caché quelques minutes ou quelques heures dans les petits poils, puis finir par arriver à l’entrée du conduit auditif.
Une fois dedans, tu ne le vois généralement plus.
C’est d’ailleurs pour cela que regarder régulièrement les oreilles est intéressant même en dehors de la saison des épillets. Dans mon article consacré à l’entretien du Braque de Weimar, je conseille déjà de prendre l’habitude de vérifier leur aspect. Quand tu connais bien les oreilles de ton chien lorsqu’elles sont saines, tu remarques beaucoup plus facilement une rougeur ou une réaction inhabituelle.
Le signe le plus classique reste le secouement brutal de la tête
Ce qui doit surtout attirer ton attention, ce n’est pas un chien qui secoue vaguement ses oreilles après s’être roulé dans l’herbe. C’est le changement soudain de comportement.
Ton chien ne présentait aucune gêne avant la promenade, puis il commence brusquement à secouer fortement la tête, parfois en insistant toujours du même côté. Il peut aussi essayer de gratter l’oreille avec sa patte arrière, la frotter contre un meuble ou refuser que tu y touches.
Certains chiens gardent également la tête légèrement inclinée.
Lorsque la gêne apparaît juste après un passage dans des herbes sèches, l’hypothèse de l’épillet mérite vraiment d’être évoquée. S’il reste en place, le conduit peut ensuite s’enflammer et les signes finissent parfois par ressembler à ceux d’une otite classique.
Il n’est donc pas toujours possible de faire la différence simplement en regardant l’oreille.
Les pattes sont faciles à oublier
On parle beaucoup des oreilles parce que les symptômes sont souvent assez visibles, mais les espaces situés entre les doigts sont également des endroits où les épillets aiment se glisser.
Sur un grand chien, cette zone n’est pas forcément celle que tu regardes tous les jours. Pourtant, un épillet peut rester coincé entre deux doigts, progresser dans la peau et provoquer une irritation qui augmente progressivement.
Le premier signe est parfois simplement un chien qui commence à lécher la même patte avec beaucoup plus d’insistance.
Quelques jours plus tard, tu peux remarquer une rougeur, un petit gonflement ou une boiterie. Dans certains cas, un abcès se développe autour du corps étranger.
Après une sortie dans des herbes très sèches, prendre quelques secondes pour regarder entre les doigts peut donc éviter de découvrir le problème beaucoup plus tard.
Le nez n’est pas épargné non plus
Avec un chien de chasse, c’est même une zone assez logique.
Un Braque qui renifle une piste ne garde pas son museau gentiment dix centimètres au-dessus des herbes. Il plonge dedans. Si une petite graminée sèche se trouve au mauvais endroit, un épillet peut pénétrer dans une narine.
La réaction est généralement plus soudaine : éternuements répétés, chien agité, frottement du museau avec les pattes ou contre le sol. Il arrive aussi qu’une seule narine présente un petit écoulement ou quelques traces de sang.
Un chien peut évidemment éternuer après avoir respiré de la poussière. Ce n’est pas parce qu’il éternue trois fois que tu dois immédiatement imaginer un épillet.
Ce qui compte encore une fois, c’est le contexte. Une crise d’éternuements forte et persistante qui démarre juste après avoir plongé le nez dans une zone d’herbes sèches n’est pas quelque chose que j’ignorerais.
Pour un œil douloureux, mieux vaut ne pas insister soi-même
Un épillet peut aussi se glisser sous une paupière.
Le chien ferme alors souvent son œil, cligne beaucoup, pleure ou essaie de se frotter avec la patte. Ce sont des signes assez faciles à remarquer, mais la tentation peut être grande de regarder soi-même sous la paupière pour trouver le coupable.
Je serais prudent.
L’œil est une zone sensible et un épillet peut provoquer une irritation, voire une lésion de la cornée. Si ton chien garde brutalement un œil fermé après une promenade dans les herbes, mieux vaut demander rapidement un avis vétérinaire plutôt que multiplier les manipulations.
Le meilleur réflexe se fait surtout au retour de promenade
Tu n’as pas besoin de transformer chaque sortie d’été en séance médicale.
En revanche, lorsque tu as traversé une zone avec beaucoup d’herbes sèches, prendre deux ou trois minutes en rentrant est une excellente habitude. Tu peux simplement passer tes mains sur le corps du chien, regarder derrière les oreilles et autour du pavillon, puis vérifier les pattes et les espaces entre les doigts.
Sur un Braque de Weimar ou un Braque allemand à poil court, cette inspection est assez facile. Les végétaux restent visibles et s’enlèvent rapidement avec la main ou une brosse.
Sur un Golden Retriever ou un Setter, il faut parfois chercher un peu plus. Les franges derrière les oreilles, sous le ventre ou autour des pattes retiennent davantage les petites graines.
Un brossage léger peut alors être utile, non seulement pour l’entretien du poil mais aussi pour remarquer ce qui s’y est accroché. C’est le même principe que celui que j’explique pour brosser un Braque de Weimar : il ne s’agit pas forcément de faire une grosse séance de toilettage, simplement de passer suffisamment sur le pelage pour repérer ce qui n’a rien à y faire.
Vérifier les oreilles ne veut pas dire les nettoyer sans arrêt
C’est important, parce qu’on peut vite vouloir trop bien faire.
Regarder une oreille après la promenade ne pose aucun problème. Tu soulèves doucement le pavillon, tu observes ce qui est visible et tu vérifies que ton chien ne réagit pas de façon inhabituelle.
En revanche, si tu suspectes réellement la présence d’un épillet dans le conduit auditif, je ne verserais pas de produit nettoyant dedans pour tenter de le faire sortir.
De la même manière, je n’irais pas chercher profondément avec une pince à épiler. Sans visibilité correcte, tu risques simplement de pousser le corps étranger plus loin ou de blesser le conduit.
Lorsqu’un épillet semble déjà engagé dans l’oreille, il est recommandé de ne rien introduire dans le conduit avant l’examen vétérinaire.
Si l’épillet est encore entièrement visible dans les poils à l’extérieur de l’oreille, évidemment, c’est différent : tu peux simplement l’enlever.
Est-ce qu’un épillet finit par ressortir tout seul ?
Ce n’est pas vraiment quelque chose sur lequel je compterais.
Sa forme facilite justement la progression dans les tissus plutôt que le mouvement inverse. Lorsqu’il a commencé à pénétrer dans la peau, il peut continuer à avancer et provoquer une inflammation ou une infection.
C’est ce qui explique qu’un problème puisse apparaître plusieurs jours après la promenade.
Ton chien a couru dans les herbes dimanche et semblait parfaitement normal en rentrant. Quelques jours plus tard, tu remarques qu’il lèche sa patte. Puis apparaît un petit gonflement entre deux doigts.
Tu ne penses pas forcément immédiatement à la sortie du week-end.
Quand ce genre de réaction apparaît chez un chien qui fréquente beaucoup les chemins et les hautes herbes, ça vaut la peine de le signaler au vétérinaire.
Faut-il éviter les champs en été ?
Je ne pense pas que ce soit nécessaire.
Un grand chien sportif qui adore les sorties en nature ne devrait pas passer trois mois uniquement sur des trottoirs parce qu’il existe un risque d’épillets.
Tu peux par contre adapter un peu la promenade lorsque certaines zones sont particulièrement chargées en graminées complètement sèches. Si tu vois que les graines se détachent au moindre contact, ce n’est peut-être pas l’endroit idéal pour laisser ton chien plonger tête la première pendant vingt minutes.
Dans un jardin, la logique est la même. Couper certaines graminées avant qu’elles sèchent complètement permet de limiter les épillets là où ton chien passe plusieurs heures chaque jour.
Le but n’est pas d’obtenir un environnement stérile. Tu réduis simplement l’exposition lorsqu’elle est facile à éviter.
Les signes qui doivent vraiment t’alerter
Après une promenade dans les herbes sèches, surveille surtout un changement brusque dans le comportement de ton chien : secouements répétés de la tête, grattage d’une seule oreille, crises d’éternuements inhabituelles, œil fermé, léchage persistant d’une patte ou apparition d’un gonflement entre deux doigts.
Aucun de ces signes ne permet à lui seul d’affirmer qu’il s’agit d’un épillet. Une otite, une irritation ou une petite blessure peuvent provoquer des symptômes similaires.
En revanche, lorsqu’ils apparaissent juste après une balade dans une zone où les graminées sont sèches, mieux vaut garder cette possibilité en tête.
Quand consulter ?
Pour une oreille qui devient soudainement douloureuse après une promenade, je n’attendrais pas plusieurs jours. Plus un épillet est retiré tôt, moins il a eu le temps de progresser.
Même chose pour un œil fermé et douloureux, des éternuements violents qui ne se calment pas ou une patte qui gonfle et devient sensible.
Il est généralement recommandé de faire examiner rapidement le chien lorsqu’un épillet a déjà pénétré dans une oreille, une narine, un œil ou sous la peau, plutôt que d’essayer de le retirer à l’aveugle.
Et si ton chien présente une difficulté respiratoire importante ou un état général qui se dégrade brutalement, il ne s’agit évidemment plus d’attendre de voir comment les choses évoluent : contacte directement un vétérinaire.
Quelques minutes de vérification peuvent vraiment suffire
Les épillets ne doivent pas transformer les promenades d’été en source de stress. Ils font simplement partie des petits risques à connaître lorsqu’on vit avec un chien qui passe beaucoup de temps dehors.
Avec un grand chien aux oreilles tombantes, le plus utile est finalement d’intégrer le contrôle à la routine habituelle. Après une balade dans les herbes sèches, tu regardes rapidement ses oreilles et ses pattes en même temps que tu retires les feuilles ou la terre qu’il a ramenées.
Cela ne demande pas une surveillance permanente et tu n’as pas besoin d’examiner ton chien sous tous les angles chaque soir. Ce qui compte surtout, c’est de savoir reconnaître ce qui n’est pas habituel chez lui.
Un Braque qui revient couvert de poussière après avoir couru dans un champ, rien de très surprenant. Le même chien qui commence soudainement à secouer une seule oreille sans s’arrêter, là, ça mérite davantage ton attention.
Et c’est probablement la meilleure prévention possible : continuer à lui laisser une vraie vie de chien dehors, tout en sachant repérer rapidement le petit détail qui, lui, n’a rien à faire là.
