Berger Allemand, Rottweiler, Dobermann… Ces noms reviennent sans cesse quand on parle de chiens de garde. Mais il y a un outsider que peu de gens connaissent, et c’est bien dommage : le Hovawart.
La première fois que j’en ai vu un, j’ai cru à un croisement. Ce pelage doré qui ondule au vent, cette démarche assurée mais sans agressivité… Il avait quelque chose d’unique. Et puis j’ai découvert son caractère.
Le Hovawart, c’est le chien qui te fait comprendre qu’un bon gardien n’a pas forcément besoin d’avoir l’air féroce. Il peut protéger ta maison d’une main de fer dans un gant de velours.
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Un gardien qui ne ressemble à aucun autre
Cette façon bien à lui d’observer
Contrairement au Berger Allemand qui peut parfois « sur-réagir », le Hovawart prend son temps. Il entend un bruit ? Il lève la tête, écoute, analyse. Pas de panique, pas d’aboiements intempestifs. Il jauge d’abord.
C’est cette intelligence tranquille qui m’a le plus marqué chez cette race. Un soir, mon voisin avait le Hovawart de ses amis en garde. Un inconnu s’approche du portail vers 22h. Le chien ne s’est pas mis à hurler comme un fou. Il s’est levé calmement, s’est positionné bien visible, et a fixé l’intrus. Le message était clair : « Je te vois, et toi tu me vois aussi. »
L’inconnu a fait demi-tour sans demander son reste.
Un pot-de-colle assumé
Mais ce qui surprend le plus avec un Hovawart, c’est cette capacité à passer du mode « gardien sérieux » au mode « gros nounours » en une seconde.
Avec sa famille, c’est un suiveur. Pas du genre collant agaçant, mais plutôt « discret mais présent ». Tu vas au jardin ? Il vient. Tu t’installes dans le salon ? Il trouve un coin près de toi. Tu montes te coucher ? Il te suit (et souvent, il « oublie » de redescendre).
Cette proximité créé un lien vraiment particulier. C’est un chien qui te connaît par cœur : tes habitudes, tes humeurs, tes petites manies. Parfois, il anticipe tes gestes avant même que tu les fasses.
Socialisation : l’art de bien faire les choses
Avec les étrangers : prudent mais pas parano
Le Hovawart n’est pas du genre à faire la fête au facteur. Mais il ne va pas non plus lui sauter dessus. Il reste en retrait, observe, et attend de voir quelle attitude tu adoptes.
J’ai remarqué que beaucoup de propriétaires font l’erreur de vouloir « forcer » les présentations. « Allez, va dire bonjour ! » Non. Laisse-le gérer à son rythme. Il viendra quand il sera prêt… ou pas. Et c’est très bien comme ça.
Cette réserve naturelle, bien canalisée, devient un atout énorme. Tu n’auras jamais un Hovawart qui se jette sur tes invités ou qui panique au moindre visiteur imprévu.
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Avec les autres chiens : diplomate mais pas naïf
En balade, le Hovawart adopte souvent une attitude que j’appelle « cordiale mais pas chaude ». Il salue poliment ses congénères, peut jouer s’il en a envie, mais il ne cherche pas à être le meilleur ami de tout le monde.
Cette sélectivité a ses avantages : moins de conflits, moins de stress, des interactions plus sereines. Mais attention, ça demande une socialisation précoce soignée. Un Hovawart mal socialisé peut devenir carrément antisocial.
Des besoins particuliers à respecter
L’activité physique : oui, mais pas que
Le Hovawart n’est pas un sprinter. C’est plutôt un marathonien du dimanche : il aime bouger, explorer, mais sans pression. Une grande balade quotidienne, quelques jeux dans le jardin, et il est content.
Là où il excelle, c’est dans les activités qui font appel à son flair. Cache-cache avec des friandises, recherche d’objets, petits parcours de pistage… Ces jeux le fatiguent plus qu’une heure de course.
L’équilibre mental avant tout
Un Hovawart qui s’ennuie devient créatif. Et sa créativité peut parfois te surprendre… en mal. Réaménagement du jardin (creusage de cratères), tri sélectif de tes chaussures, ouverture artistique de coussins…
La clé, c’est de lui donner un « travail ». Ça peut être garder la maison (son rôle naturel), t’accompagner dans tes activités, ou apprendre de nouveaux tours. Il a besoin de se sentir utile.
Quel maître pour un Hovawart ?
Si tu cherches un chien « facile »…
Passe ton chemin. Le Hovawart n’est pas compliqué, mais il a du caractère. Il faut de la cohérence, de la patience, et accepter qu’il ne soit pas un exécutant aveugle.
C’est un chien qui réfléchit. Si tu lui demandes quelque chose qui lui paraît idiot, il va te regarder avec un air de dire « Sérieusement ? ». Ça peut agacer ou amuser, selon ta personnalité.
Si tu veux un compagnon complice…
Alors là, jackpot. Le Hovawart n’est pas juste un animal de compagnie, c’est un partenaire. Il s’adapte à ton rythme de vie, participe à tes activités, et développe une complicité qu’on trouve rarement avec d’autres races.
Mais cette proximité a un prix : il supporte mal la solitude prolongée. Ce n’est pas un chien à laisser seul 10 heures par jour.
Hovawart vs Berger Allemand : le match
| Aspect | Hovawart | Berger Allemand |
|---|---|---|
| Énergie | Modérée, endurante | Élevée, intense |
| Dressage | Réfléchi, parfois têtu | Appliqué, méthodique |
| Garde | Dissuasif, posé | Actif, démonstratif |
| Famille | Très proche, sélectif | Proche, plus ouvert |
| Débutant | Expérience recommandée | Possible avec engagement |
La vérité sur le Hovawart
Ce chien ne convient pas à tout le monde. Il faut du temps, de la constance, et accepter sa personnalité forte. Mais quand le feeling passe, c’est magique.
Si tu veux un gardien qui protège sans agressivité excessive, un compagnon fidèle mais pas dépendant, et un chien qui te comprendra d’un regard… le Hovawart mérite qu’on s’y intéresse.
Mais prévois large pour le canapé. Parce que malgré ses 35 kilos, il a cette capacité troublante à se faire tout petit quand il veut se poser à côté de toi. Et bizarrement, tu finiras par trouver ça normal.
Tu envisages d’adopter un Hovawart ? Prends le temps de rencontrer plusieurs éleveurs et de passer du temps avec des propriétaires expérimentés. Ce chien exceptionnel mérite qu’on le choisisse en connaissance de cause.
FAQ — Le Hovawart
Le Hovawart est un gardien naturel au tempérament posé et équilibré. Très proche de sa famille, il est discret mais toujours présent — un pot-de-colle qui ne l’admet pas. Prudent avec les étrangers sans être paranoïaque, cordial avec les autres chiens sans être naïf. Son intelligence tranquille le rend parfois têtu — il réfléchit avant d’obéir, mais il obéit.
Excellent. C’est même sa fonction naturelle. Il surveille son territoire discrètement, n’aboie pas pour rien et réagit de manière proportionnée face à une vraie menace. Surnommé « main de fer dans un gant de velours » — il dissuade sans agressivité excessive. Il annonce les inconnus systématiquement mais sans hystérie.
Pas vraiment. Son caractère affirmé et son intelligence demandent un propriétaire cohérent et investi. Il peut devenir destructeur s’il s’ennuie (cratères dans le jardin, tri de chaussures, coussins démontés). Il supporte aussi mal la solitude prolongée au-delà de 10h par jour. En contrepartie, avec le bon maître, c’est un compagnon exceptionnel.
Les deux sont des chiens de garde intelligents et proches de leur famille, mais le Hovawart est plus calme, plus posé et plus sélectif. Son énergie est modérée et endurante (marathonien) là où le Berger Allemand est intense et vif. Le Hovawart est aussi plus têtu à l’éducation — il réfléchit là où le Berger exécute. Moins connu, il est souvent plus adapté à une vie de famille calme.
Difficilement. Ses 35 kg et son besoin d’activité physique et mentale quotidienne le rendent peu compatible avec la vie en appartement sans jardin. Il a besoin de grandes balades, de jeux de pistage et d’apprentissage régulier pour rester équilibré. Une maison avec jardin dans un environnement calme est son cadre idéal.
